Le Collectif Citoyens Fraternels – Vivre ensemble dans le 92, qui rassemble des associations caritatives du département, a décidé d’interpeller les listes candidats aux élections municipales dans plusieurs villes. Des associations isséennes nous ont ainsi écrit une lettre ouverte accompagné d’un questionnaire pour connaître nos intentions concernant plusieurs sujets sociaux.
Nous remercions le collectif d’associations pour leur initiative. Faire d’Issy-les-Moulineaux une commune riche de ses solidarités est un axe majeur de notre projet municipal. Nous souhaitons rendre le logement plus accessible, pour les personnes qui vivent et celles qui travaillent à Issy ; nous souhaitons renforcer les solidarités et l’accès aux droits sociaux fondamentaux. Une ville riche comme la nôtre en a les moyens et donc en a le devoir.
Nos réponses aux six questions posées par les associations sont reproduites ci-après !
1. Selon les secteurs, le PLU impose la réalisation de 25% de logements sociaux pour les opérations supérieures à 45 logements ou de 30% de logements sociaux pour les opérations supérieures à 80 logements. Envisagez-vous de modifier ces conditions pour accroître la production de logements sociaux PLAI et PLUS ?
Nous souhaitons mobiliser tous les outils disponibles pour rendre le logement plus accessible et maîtriser le prix du foncier. Nous fixons comme objectif plus de 30% de logements sociaux, notamment les logements très sociaux (PLAI) et l’hébergement d’urgence (CHU, CHRS), sur l’ensemble de notre commune.
2. Comment envisagez-vous d’agir sur les réservataires et les bailleurs pour accroître les attributions aux demandeurs du 1er quartile et aux ménages prioritaires ? La Conférence Intercommunale du Logement, mise en place à l’échelle de GPSO, vous paraît-elle l’outil adéquat pour y parvenir ?
Il est important de partager le diagnostic que vous avez effectué sur le mal logement dans le territoire de GPSO et d’identifier les blocages dans les différentes communes. L’équipe d’Issy Écologique & Sociale a fait du logement pour tous un des axes forts de son programme. L’inventaire des logements disponibles, la fluidification des parcours résidentiels, l’encadrement des loyers, la limitation des locations temporaires…. sont des actions qui peuvent se faire si elles sont portées par l’ensemble des communes du territoire. La CIL est un outil adéquat mais doit être déclinée au sein de la convention intercommunale d’attribution (CIA) avec un plan partenarial de gestion de la demande de logement social et d’information des demandeurs (PPGDID), avec un système de cotation de la demande permettant une priorisation des attributions et une transparence dans les critères.
3. Ce sont les Isséens les plus fragiles qui rencontrent le plus d’obstacles pour accéder au parc social. Le dernier hôtel social de la ville va sans doute fermer. Quels sont vos objectifs de création de logements PLAI pour les prochaines années ? Avez-vous prévu de créer de nouvelles structures avec accompagnement pour des personnes défavorisées (pension de famille, foyer de jeunes travailleurs, centre maternel, …).
SNL est active sur la ville et dispose déjà d’un réseau de lieux d’accueil. Ces initiatives associatives doivent être confortées, accompagnées par la collectivité, commune ou ETP. Nous favoriserons dans la mesure du possible l’implantation des structures d’accueil pour les publics les plus en difficultés en négociant avec les bailleurs sociaux publics ou privés et les structures gestionnaires. La création de centres d’accueil et d’hébergement pour les personnes sans domiciles ainsi qu’un plan municipal dédié aux familles monoparentales et aux mères isolées ont été inscrits dans notre programme.
4. Envisagez-vous de recourir à l’encadrement des loyers ? De mettre en place un « permis de louer » pour s’assurer de la décence du logement avant sa mise en location ? De développer le Bail Réel Solidaire qui permet d’acheter un logement neuf à un prix réduit sans être propriétaire du terrain, idéal pour les primo-accédants et les familles.
Parmi les outils disponibles pour rendre le logement plus accessible, nous souhaitons recourir à l’encadrement des loyers et développer les opérations de logement en Bail Réel Solidaire (BRS).
5. Etes-vous prêt à interpeller le préfet sur la situation dégradée du renouvellement des titres de séjour dans notre département qui met en péril le maintien des droits ?
Oui. Nous interpellerons le préfet sur la question du retard de l’attribution des titres de séjour comme le fit Pierre Ouzoulias l’année dernière. Il nous semble primordial que l’attribution des titres de séjour fasse en temps et en heure sachant le bouleversement que cela engendre pour les individus (perte d’emploi, de toutes les aides et allocations, bref, de tous leurs droits). Les difficultés stupéfiantes pour obtenir des rendez-vous aboutissent à créer de l’insécurité pour de nombreux habitants pourtant en situation régulière. Les associations et les citoyens qui accompagnent ces personnes n’arrivent plus à faire avancer les dossiers. Il est urgent que la préfecture des Hauts-de-Seine fasse évoluer un dispositif en y remettant des personnels.
6. Quelles initiatives nouvelles en faveur des plus démunis souhaiteriez-vous mettre en place ? Comment nos associations pourraient y contribuer ?
Pour lutter contre le non-recours aux aides sociales et renforcer les solidarités, nous voulons mettre en place un bus des solidarités, dispositif mobile allant au contact des habitants pour informer sur les droits sociaux, accompagner les démarches administratives et mener des actions de prévention et d’orientation, en lien avec le CCAS et les associations. Nous savons que les associations se retrouvent à aider les gens dans le besoin dans leurs démarches ; mais ces dernières sont de plus en plus complexes. Nous travaillerons pour que notre bus des solidarités et les associations municipales puissent s’articuler au mieux afin de soutenir les personnes dans le besoin.