Tribune des groupes de gauche au Conseil municipal d’Issy-les-Moulineaux dans le Journal municipal de février 2026
Du bilan en Février 2026…
Ce mois de février mêle célébrations festives et journées de sensibilisation : la Chandeleur le 2, la Saint-Valentin le 14, mais aussi la Journée mondiale contre le cancer le 4, rappelant l’importance de la solidarité avec les malades, le soutien au corps médical et la lutte contre les produits nocifs pour la santé et l’environnement.
Enfin le 3 février, lui, marquera le 46ème anniversaire de la très longue mandature de notre maire à la tête de notre ville ! L’occasion d’un bilan au terme de ce 8ème mandat, 46 ans plus tard, ainsi que 10 ans de présidence à la métropole du Grand Paris et 43 ans de présidence du Syndicat des eaux d’Île-de-France.
A sa 1ère élection à la mairie d’Issy le 3 févier 1980, 65% des Isséennes et des Isséens n’étaient pas encore né·es. Issy comptait 45 000 habitants pour 68 000 aujourd’hui. La ville a profondément évolué avec une forte orientation vers des activités tertiaires comme le quartier Val de Seine, au détriment du secteur industriel. Les personnes qui y travaillent pour la plupart n’y habitent pas. La sociologie de la ville a changé vers plus de cadres et de professions intellectuelles supérieures (54% dans la population en 2022) et moins d’employés et d’ouvriers (19% dans la population en 2022).
Le logement est aujourd’hui un problème structurant de notre ville. Avec un prix moyen au m2 à 7 500€ et au-delà de 10 000€ dans le neuf ou récent. Aussi l’achat de leur résidence principale est inaccessible aux jeunes comme aux familles aux revenus intermédiaires…
… à des pratiques municipales plus ouvertes
46 ans de mandature, ce n’est pas isolé dans les Hauts-de-Seine. C’est toutefois le symptôme d’un mode de gouvernance durablement installé, caractéristique d’une droite de notables, peu renouvelée.
Au fil du temps, un système de pouvoir s’est structuré autour d’un cercle restreint, laissant peu de place au débat et à l’expression de forces politiques alternatives. Ainsi, la majorité municipale a conservé le siège qui revenait à la gauche sociale et écologique au sein de Grand Paris Seine Ouest (GPSO). Cette instance joue pourtant un rôle central dans notre quotidien : propreté urbaine, conservatoires, urbanisme, une partie des transports et le plan vélo. Son fonctionnement actuel laisse peu de place à la pluralité politique, et affaiblit la représentativité des aspirations des habitant.e.s.
Ce mode de gouvernance, marqué par une forte concentration du pouvoir, donne le sentiment d’une majorité peu disposée à la contradiction. L’illustration en est la décision d’accorder la protection fonctionnelle au Maire, adoptée contre l’avis de l’opposition et annulée par le tribunal administratif de Cergy-Pontoise le 13 janvier.
De même, le 7 juillet 2023, le Maire a été débouté après avoir qualifié d’outrage l’exercice légitime du droit de l’opposition à interpeller la majorité sur des choix municipaux.
Il est utile et nécessaire de réfléchir à des pratiques municipales plus ouvertes au dialogue et à la diversité des opinions, afin que la gouvernance reflète pleinement les besoins et attentes des habitant·es.