Pour rendre la ville plus désirable, plus inclusive, il faut faciliter l’accès à l’espace public et aller vers une ville confortable pour les piétons. C’est grignoter de l’espace à la voiture et pour donner plus de place à d’autres usages, à la nature, à la vie sociale et au bien-être des usagers.
Alors que nous sommes tous concernés à des moments différents de la journée, les piétons sont aujourd’hui les parents pauvres de la politique municipale.
J’ai assisté le 4 novembre dernier à une réunion organisée par la municipalité avec la SNCF sur les travaux de la gare d’Issy de la ligne C. Ce fut un fiasco total, une incompréhension entre les ingénieurs de la SNCF qui nous vantaient leur projet et les élus. La demande des habitants était la sécurité des cheminements et rien d’autre alors que la réouverture est maintenant reportée à fin 2026 !
La municipalité a été prise en flagrant délit d’absence de plan, de mépris des habitants, d’incapacité à traiter le dossier, le maire-adjoint aux espaces publics, David Doualas, un ectoplasme transparent et incompétent, clamant que les problèmes n’étaient pas de la faute de la municipalité et que tout s’est fait dans son dos. C’est grave et montre que le système Santini atteint ses limites.
Il est tellement naturel de marcher que la municipalité semble ignorer les piétons dans ses réflexions et la planification territoriale. Très clairement à Issy, quand ils existent, les aménagements pour les piétons sont trop souvent considérés comme une variable d’ajustement et ne tiennent pas compte des préconisations existantes (largeur 1,80, 5m libres avant les passages piétons, mobilier urbain hors cheminement…)
Aménager la ville pour les piétons c’est aménager la ville pour toutes et tous.
La marche constitue le mode de déplacement le plus vertueux et le plus universel. Le piéton est la figure qui couvre toute la diversité de la population. Il n’y a pas un, mais des piétons : personne en bonne santé, personne âgée, parent avec sa poussette, personne à mobilité réduite, voyageur qui tire une valise.
Alors qu’il y a 50 ans les enfants marchaient seuls jusqu’à trois kilomètres autour du domicile, aujourd’hui quatre enfants sur dix de trois à dix ans ne jouent jamais dehors pendant la semaine. Il est important de redonner leur place aux enfants, grands disparus de l’espace public ces dernières décennie.
Le maire se réclame de Carlos Moreno, l’inventeur du concept de la ville du quart d’heure. Prenons-le au mot et faisons d’Issy une ville apaisée où la marche est un véritable connecteur des intermodalités, favorise les sociabilités, l’accessibilité aux commerces et aux services, offre des possibilités illimitées d’animation entre et dans les quartiers.
Dans cette campagne, je nous invite à aller sur le terrain faire des évènements autour des points noirs, mesurer la largeur des trottoirs comme Mairie d’Issy ou Léon Blum et d’autres. Je nous invite à aller mettre en peinture les zones dangereuses….
Laurent Pieuchot
Chef de file de l’union de la gauche municipale en 2008-2014 et co-tête de liste du Collectif Écolo & Social en 2020
Candidat sur la liste Issy Écologique & Sociale
