La marchandisation de notre ville

A chaque séance du conseil municipal depuis 2020, une tendance de fond se renforce : la délégation au secteur privé de la mise en œuvre des compétences municipales. Pour faire simple, quand vous pensez que la mairie gère une structure de service public, elle est en fait gérée par un établissement privé.

Prenons l’exemple de la petite enfance. Avez-vous remarqué que les crèches sont gérées par le secteur privé ? Une situation très différente d’il y a quelques années. La pénurie de recrutements n’explique pas la dévolution systématique de la garde des enfants à une entreprise privée.

La culture ? Si l’activité culturelle est diverse, on ne peut que regretter que le PACI soit géré par le leader du tourisme d’affaires, ce qui explique sans doute les prix pratiqués qui excluent de facto de nombreux habitants de la ville.

La restauration collective ? Cantine scolaire comme repas à domicile, tout est géré par le privé et préparé bien loin de notre ville. Pourtant le foncier disponible sur la ville permettrait de faire autrement. Pourquoi ne jamais intégrer cette réflexion dans les grands projets de restructuration de la ville à l’heure de l’enjeu du dernier kilomètre et de la décarbonation ?

Le sport ? La majorité municipale a fait le choix de supprimer l’office municipal des sports pour confier ses attributions à des délégations privées. Les piscines, la Cité des Sports, le gymnase Alain Mimoun sont gérés (tout ou partie) par des opérateurs privés.

Le quotidien des Isséens peut se résumer à payer un prix toujours plus fort, en particulier pour leurs loisirs. En conséquence, les disparités se renforcent sur la ville entre celles et ceux qui peuvent payer, et celles et ceux qui ne le peuvent pas.

Nous dressons un constat sévère : qui dit gestion privée, dit aussi surcoûts.

Désormais si une association sportive a besoin de la Cité des Sports pour organiser un tournoi durant un week-end, elle se voit appliquer par l’opérateur un tarif totalement disproportionné par rapport à sa trésorerie, au risque de la mettre dans une situation financière fragile. Nombreuses sont celles qui renoncent.

Vouloir porter des initiatives au service du dynamisme de la ville se paie au prix fort. Faut-il rappeler qu’une association n’est pas une entreprise ?  

Ce constat alarmant soulève une autre question : celle de la capacité de contrôle de la Mairie sur les intervenants privés, ainsi que leurs sous-traitants. Tarifs, qualité d’accueil et de service, de nombreux isséens nous font remonter leur colère, déception et résignation.

Nous pensons que la Mairie devrait songer à reprendre la main et le contrôle sur ces activités qui constituent le vivre-ensemble. De plus en plus de collectivités optent pour des fonctionnements en régies afin de garantir à tous l’accès aux besoins essentiels pour vivre dignement et s’épanouir.

C’est sur ces réflexions que nous vous souhaitons un très bel été.

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