Droits des femmes : informer, prévenir, faire évoluer les mentalités et les comportements

Le 8 mars est la journée internationale des droits des femmes, et non la journée de La femme, et surtout pas la journée « prix réduits sur les produits ménagers ou un rouge à lèvres acheté un rouge à lèvres offert ». Les principales concernées n’ont pas besoin de cadeaux, mais de droits et d’égalité.

A la lecture du rapport égalité de la municipalité, on constate que la mairie parle encore de « journée de la femme ».

Utiliser cette expression, c’est perpétuer une tradition commerciale qui ferait du 8 mars une Saint Valentin « bis », lorsque l’on sait qu’une femme meurt tous les trois jours en France sous les coups de son partenaire ou de son ex-partenaire, c’est encore et toujours méconnaître l’importance de cette journée.

Les chiffres sont éloquents, alors que 80% des agents municipaux sont des femmes, elles ne sont que 53% dans les postes d’encadrement.

6% des femmes agents occupent un poste à temps partiel, principalement dans la restauration scolaire, secteur très féminisé, il serait temps de s’interroger sur cette corrélation temps partiel/secteur féminisé.

Il existe un écart de rémunération de 17%, expliqué par cette forte proportion de femmes employées à temps partiel, ou employées dans des secteurs très féminisés, moins rémunérateurs. On peut aussi ajouter une plus faible présence des femmes dans les postes d’encadrement mieux rémunérés. Au sein de la mairie les inégalités de genre ont un avenir radieux, puisque chaque année la municipalité dresse les mêmes constats, sans pour autant chercher à faire évoluer la situation.

A quand une véritable évolution ?

Lorsque l’on regarde l’action menée par la mairie auprès de la population isséenne en matière d’égalité femme/homme, on note des aides à la « parentalité » et dédiées à la garde d’enfants. Des aides bien utiles, c’est évident. Mais n’oublions pas qu’en 2025, et alors que près de 4 Isséens sur 10 vivent en couple sans enfant (source INSEE 2021), il est toujours utile de rappeler que la maternité n’est pas un passage obligatoire pour l’épanouissement des femmes.

En cette année 2025, nous fêtons les 50 ans de la Loi Veil, dépénalisant le droit à l’avortement. Une avancée majeure pour les droits des femmes, désormais inscrite dans la Constitution. Il aurait été intéressant que la mairie se saisisse de l’événement pour promouvoir et renforcer la prévention en l’axant autour de l’éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle, les violences conjugales, la contraception, et les IST.

Si de nombreuses initiatives sont menées tout au long de l’année dans le cadre de structures comme l’Espace Santé Jeunes et l’espace Simone Veil avec le Centre de Planification et d’Éducation Familiale, force est de constater que cela est peu promu par la mairie, en particulier sur ses comptes réseaux sociaux, vecteur de communication et d’information pourtant privilégié des jeunes.

Chaque jour doit être un 8 mars. Nous devons être vigilants et agir pour que les stéréotypes s’estompent, et que d’autres modèles de comportement se construisent sans discrimination sexiste, ni violence. Pour que vive l’égalité entre les femmes et les hommes, partout, tout le temps, dès le plus jeune âge.

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